http://licorne.edel.univ-poitiers.fr La revue La Licorne est une revue de langue et littérature françaises de l’Université de Poitiers. La Licorne suscite et diffuse la recherche dans les domaines de la littérature française et étrangère, de la linguistique, de la poétique des textes, du cinéma et du théâtre fr Numéro 123 - La Pseudonymie http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6855 Jamais sous doute la pseudonymie n’a été chose plus partagée qu’en ce début de XXIe siècle. Jadis, le recours à une autre identité via un autre nom que celui figurant à l’état civil était essentiellement restreint à certaines sphères d’activités spécifiques : ordres religieux, services secrets, pratiques artistiques… De nos jours, en revanche, à la faveur du développement d’internet en particulier, la pratique qui consiste à user d’un autre nom que le sien semble devenue monnaie courante et le pseudo se situe désormais au cœur de certaines des pratiques qui façonnent notre relation à l’écrit et à sa diffusion publique. Qu’en est-il des écrivains en ce qui concerne leurs recours à ce geste d’écriture auquel ils ont conféré son degré de sophistication le plus prononcé ? Réunissant des études portant sur la littérature française du XVIIe siècle à nos jours, cet ouvrage a pour objectif de faire apparaître les principaux enjeux de la pratique pseudonymique tout en montrant la complexité et la diversité de ses usages, formes et fonctions au fil des siècles. Numéro 124 - Promenade et flânerie http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6906 Au cours du XVIIIe siècle, la promenade devient une pratique habituelle, d’abord comme passe-temps social, ensuite comme activité solitaire et rêveuse. Les écrivains s’approprient alors cette pratique, et les pensées ou rêveries qu’elle suscite, pour les raconter ou les décrire. La réflexion collective dont ce volume se fait l’écho est partie de l’intuition que cette nouvelle habitude de déplacement dans l’espace – déplacement sans but, gratuit, et à pied – a influencé d’un même mouvement les modes de pensée et les modes d’écriture. On s’intéresse ici à la diffusion concrète du modèle pérégrin proposé par Rousseau dans des textes oubliés par la généalogie de l’essai : si ceux-ci n’ont pas laissé de véritables traces dans l’imaginaire du genre, ils n’en ont pas moins contribué à créer et à répandre des pratiques d’écriture et des postures d’écrivain, qui ont sans aucun doute joué un rôle fondamental dans la constitution progressive d’une écriture essayiste, avant l’institution du genre. Numéro 122 - Relire Perec http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6752 L’œuvre de Georges Perec (1936-1982) apparaît aujourd’hui sans conteste comme celle d’un classique de la seconde moitié du XXe siècle. Prenant acte de ce statut patrimonial, ce volume se donne un objectif moins rétrospectif — faire le bilan de trois riches décennies de recherch Numéro 121 - La Présence http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6751 La question de la présence est abordée ici dans une perspective immanente, dans le cadre de pratiques et de pensées, à la fois littéraires et artistiques. Processus ou qualité à la fois complexe et dynamique, en elle se conjuguent, en tension, des enjeux littéraires et esthétiques cruciaux, souvent de nature transmédiale, mais aussi éthiques, psychologiques, linguistiques, culturels, historiques voire politiques. Le volume insiste sur le fait que la notion de « présence » se construit en relation dialectique avec celles de « représentation » (traditionnellement liée à une « interprétation »), d’« absence » (voire d’« abstraction ») et de « virtualité ». Il s’agit d’étudier ainsi les modalités et usages de la « présence », dans les différents domaines des littératures (françaises, étrangères, anciennes) et des arts (plastiques et du spectacle), en mettant l’accent sur les effets d’intermédialité, d’hybridation et croisement générique et de correspondance esthétique et éthique. Dans leur hétérogénéité historique, générique et culturelle, apparaissent des objets, textuels/artistiques, relevant de ce que l’on pourrait appeler « pratiques et pensées de la présence ». Numéro 120 - Politique des lieux communs http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6660 À voir le nombre actuel de travaux qui lui sont consacrés, le lieu commun, qui fut pourtant longtemps un paria et un proscrit, semble aujourd’hui populaire. Mais sa récente réhabilitation dans le paysage de la critique contemporaine aurait de quoi faire réfléchir la critique elle-même. Qu’avait-elle perdu en le vouant aux gémonies, si ce n’est peut-être ce « commun », ce lieu pour la communauté ? Et nous, qu’espérons-nous faire avec le lieu commun, si ce n’est réconcilier l’activité lettrée avec sa dimension politique, et par là défendre la place des humanités dans l’espace public ? Telle est donc notre hypothèse : le lieu commun, banal et abandonné, laissé au public et aux discussions de café, aurait à voir avec la chose publique et notre propre désir de communauté. En remontant aux sources de la pratique « humaniste » des lieux communs à la Renaissance, jusqu’à leur traitement dans l’enseignement et dans la transmission de la culture, les différents articles réunis ici entendent réinterroger la dimension proprement politique de l’usage des lieux communs par les lettrés de jadis et les critiques de naguère, mettant à l’épreuve le pont que cette culture entend jeter entre les générations via l’institution des « humanités » comme ciment d’une communauté à travers les âges, dans une prétention pacifique et universelle mais au risque de l’exclusion des individus. Numéro 119 - Penser la prose dans le monde gréco-romain http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6446 La prose n’a pas été, en Grèce ancienne, une forme vide ou transparente. Etroitement associée à la parole politique et au discours scientifique (philosophie, histoire, enquête sur la nature) dont, vers la fin de l’époque archaïque, elle a accompagné l’émergence, elle en a gardé un ensemble de connotations et une vocation propres. Cette personnalité est si marquée qu’on peut, comme l’a fait L. Alma-Tadema dans le tableau reproduit sur la couverture de ce livre, dresser l’allégorie du langage en prose : masculin, studieux, adulte, aussi tendu vers le réel que la « Poésie », son double inversé (v. ci-contre), s’abandonne, sous les traits d’une femme, à de vagues rêveries. Plus qu’un portrait authentique, il s’agit d’une pose ou d’une posture ; la prose antique a su « rêver » elle aussi… Vers le début de notre ère en particulier, dans le paysage littéraire du monde gréco-romain, les formes de prose ont occupé une position dominante, et investi toutes les fonctions jadis réservées à la poésie : divertir, séduire, inventer des mondes imaginaires. Pourtant, les prosateurs n’ont cessé d’affirmer l’identité de la prose et d’exiger d’elle, alors même que la poésie devenait son modèle secret, qu’elle reste fidèle, d’une manière ou d’une autre, à son programme originel. Héritiers de cette histoire complexe, théoriciens, orateurs, romanciers, auteurs de satires, de dialogues ou de « prosimètres » ont médité sur la nature de la prose ; ils ont mis au jour ses contradictions, défini ses modèles, formulé ses normes et ses recettes. Leurs réflexions et leurs pratiques font l’objet des neuf études réunies dans ce volume. Numéro 118 - Jacques Jouet http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6245 Numéro 117 - Robert Marteau http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6242 Numéro 116 - Cinéma, littérature : projection http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6219 Il ne s’agit pas ici de ce que le cinéma fait à la littérature mais de ce que l’imaginaire polysémique de la projection suscite d’allers, de retours et de réécritures croisées entre les deux disciplines, y compris dans les possibles dérives « projectives » du geste interprétatif, du moment qu’il entraîne un gain heuristique et travaille au croisement de l’optique et du psychique. La projection cinématographique est en effet, d’abord, un dispositif optique. Un faisceau lumineux transporte en l’agrandissant, parfois en l’anamorphosant, une image sur un écran : image passée, qu’il actualise ; image fugace, dont il déploie l’évanescence ; image photogramme, qu’il met en mouvement et expose à la dissemblance. Or la participation émotionnelle que suscite l’optique n’est pas sans rapport avec le dispositif psychique du même nom, qui consiste à extérioriser un contenu inconscient pour le voir en le déniant comme sien. Les deux versants de la projection ont en commun d’être des mécanismes qui mettent en jeu un travail de déformation autant destiné à faire voir qu’à opacifier et faire écran. Le cinéma s’avère alors surface où s’inscrivent les traumas inassimilables auxquels la projection donne forme visible selon le modèle de la figurabilité inconsciente. Ces prémisses esquissent les contours d’un nouveau chantier interdisciplinaire dont cette publication collective entend déployer l’extension maximale et donner les premières clés de compréhension. Numéro 112 - Fictions narratives du XXIe siècle http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6091 Si le récit reste aujourd’hui fragile dans son retour en grâce, si le réel reste difficile à appréhender par la narration, la fiction peut-elle se glisser dans cet entre-deux ? La fiction peut-elle offrir des formes narratives et discursives inédites ? Peut-elle trouver dans la narration, dont l’attirance cependant doublée de dérision distanciée chez les écrivains d’aujourd’hui se fait nettement sentir, un support générique acceptable ou bien se cherche-t-elle, par l’entremise, et la mise en œuvre d’autres sémiotiques, une échappée belle à la croisée d’autres genres, d’autres supports ? Quelles sont les conditions de possibilité, en somme, de son renouveau ou de sa survie ? Le présent recueil, issu d’une réflexion collective sur les grandes déterminations linguistiques et formelles des fictions narratives française du XXIe siècle, tente donc de dégager les spécificités des écritures contemporaines de fiction par rapport aux écritures narratives du XXe siècle.