http://licorne.edel.univ-poitiers.fr La revue La Licorne est une revue de langue et littérature françaises de l’Université de Poitiers. La Licorne suscite et diffuse la recherche dans les domaines de la littérature française et étrangère, de la linguistique, de la poétique des textes, du cinéma et du théâtre fr Numéro 126 - Rire et dialogue http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6951 Le genre du dialogue s’élabore, dans l’Athènes du IVe, en réponse critique à la comédie, comme le suggèrent leurs rapports originels, et complexes : Aristophane n’est-il pas un convive du Banquet de Platon, et Socrate d’abord un personnage de la comédie ancienne ? Ce volume se propose donc d'examiner le rire dialogique ou, si l'on préfère, les usages plaisants du dialogue, en se demandant comment et pourquoi l'on rit dans les dialogues, étant entendu que ce rire peut aller du léger sourire à la moquerie la plus féroce, de la comédie à la conversation, de la farce à la satire sociale, en passant par toutes les nuances possibles, dont les canoniques spoudogeloion, ou serin ludere. Si l’on s’est intéressé aux mécanismes dialogiques du rire, on a considéré comme cruciale aussi l’étude de ce que le rire fait au dialogue, qu’il s’agisse du rire mis en scène dans le dialogue et du rire que peut susciter ou non le dialogue, dans sa réception notamment. La perspective d’ensemble est interdisciplinaire, rassemblant des spécialistes de périodes et approches diverses, Antiquité, Renaissance, âge classique et Lumières, littérature comparée, études théâtrales et linguistique cognitiviste. Cette diachronie large est traversée par la figure de Lucien, inventeur d’un dispositif hybride, annoncé par des précurseurs comme Théocrite ou Plaute, et devenu un modèle soumis à de multiples variations, de Rabelais à Diderot. Au fil des études, se profilent quelques éléments de conclusion : dans le meilleur des cas, le rire pousse le dialogue à ses limites, désamorce les automatismes de pensée, tient à distance les normes sociales et favorise une véritable expérience philosophique. Mais il peut aussi le subvertir radicalement et l’amener à un point de rupture. Les réflexions présentées dans ce volume sont issues d'un colloque qui s'est tenu à Poitiers les 17 et 18 novembre 2014, grâce à la collaboration régulière des universités de Clermont-Ferrand (EA 4280 Littératures et représentations de l’Antiquité et du Moyen Age, CeLiS) et de Poitiers (EA 3816, Formes et représentations en linguistique et littérature, FoReLL), dans le cadre du programme interdisciplinaire Dialogos, soutenu par la MSH de Clermont-Ferrand, et de l’action menée sur « le dialogue comme genre autonome de l’Antiquité au XXIe siècle ». Numéro 125 - Le rêve plastique des écrivains http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6926 La notion de plasticité, délicate à définir, peut être éclairée en fonction du domaine précis dans lequel elle est contextualisée et envisagée. Le point de vue qui la met au cœur d’une dynamique de pensée est ici celui de l’analyse littéraire. En important dans le champ littéraire une réflexion a priori liée aux arts plastiques, en nommant des modalités de la plasticité révélées dans l’écriture, ce recueil d’articles explore les œuvres littéraires avec un regard nouveau, une approche originale, car il relève ce qui, dans les écritures, suggère et réalise un rêve des écrivains, la possibilité d’une dimension sensible donnée à leur œuvre, celle-ci transgressant les limites du lisible pour s’accomplir comme forme également visuelle et visible, sonore et audible. Ces articles ne limitent pas leurs corpus à une époque ou à un genre littéraire (poésie, roman, théâtre). Ils prennent le parti de dégager, tant dans le contenu que dans la forme des textes, ce qui stimule chez le lecteur une perception complexe et un imaginaire doué de plasticité. Ces propositions de définitions de la plasticité centrées sur la littérature participent d’une réflexion rendue cruciale dans un contexte plus général où l’utilisation fréquente du mot « plasticité » est avérée dans de nombreux domaines. Numéro 123 - La Pseudonymie http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6855 Jamais sous doute la pseudonymie n’a été chose plus partagée qu’en ce début de XXIe siècle. Jadis, le recours à une autre identité via un autre nom que celui figurant à l’état civil était essentiellement restreint à certaines sphères d’activités spécifiques : ordres religieux, services secrets, pratiques artistiques… De nos jours, en revanche, à la faveur du développement d’internet en particulier, la pratique qui consiste à user d’un autre nom que le sien semble devenue monnaie courante et le pseudo se situe désormais au cœur de certaines des pratiques qui façonnent notre relation à l’écrit et à sa diffusion publique. Qu’en est-il des écrivains en ce qui concerne leurs recours à ce geste d’écriture auquel ils ont conféré son degré de sophistication le plus prononcé ? Réunissant des études portant sur la littérature française du XVIIe siècle à nos jours, cet ouvrage a pour objectif de faire apparaître les principaux enjeux de la pratique pseudonymique tout en montrant la complexité et la diversité de ses usages, formes et fonctions au fil des siècles. Numéro 124 - Promenade et flânerie http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6906 Au cours du XVIIIe siècle, la promenade devient une pratique habituelle, d’abord comme passe-temps social, ensuite comme activité solitaire et rêveuse. Les écrivains s’approprient alors cette pratique, et les pensées ou rêveries qu’elle suscite, pour les raconter ou les décrire. La réflexion collective dont ce volume se fait l’écho est partie de l’intuition que cette nouvelle habitude de déplacement dans l’espace – déplacement sans but, gratuit, et à pied – a influencé d’un même mouvement les modes de pensée et les modes d’écriture. On s’intéresse ici à la diffusion concrète du modèle pérégrin proposé par Rousseau dans des textes oubliés par la généalogie de l’essai : si ceux-ci n’ont pas laissé de véritables traces dans l’imaginaire du genre, ils n’en ont pas moins contribué à créer et à répandre des pratiques d’écriture et des postures d’écrivain, qui ont sans aucun doute joué un rôle fondamental dans la constitution progressive d’une écriture essayiste, avant l’institution du genre. Numéro 122 - Relire Perec http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6752 L’œuvre de Georges Perec (1936-1982) apparaît aujourd’hui sans conteste comme celle d’un classique de la seconde moitié du XXe siècle. Prenant acte de ce statut patrimonial, ce volume se donne un objectif moins rétrospectif — faire le bilan de trois riches décennies de recherch Numéro 121 - La Présence http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6751 La question de la présence est abordée ici dans une perspective immanente, dans le cadre de pratiques et de pensées, à la fois littéraires et artistiques. Processus ou qualité à la fois complexe et dynamique, en elle se conjuguent, en tension, des enjeux littéraires et esthétiques cruciaux, souvent de nature transmédiale, mais aussi éthiques, psychologiques, linguistiques, culturels, historiques voire politiques. Le volume insiste sur le fait que la notion de « présence » se construit en relation dialectique avec celles de « représentation » (traditionnellement liée à une « interprétation »), d’« absence » (voire d’« abstraction ») et de « virtualité ». Il s’agit d’étudier ainsi les modalités et usages de la « présence », dans les différents domaines des littératures (françaises, étrangères, anciennes) et des arts (plastiques et du spectacle), en mettant l’accent sur les effets d’intermédialité, d’hybridation et croisement générique et de correspondance esthétique et éthique. Dans leur hétérogénéité historique, générique et culturelle, apparaissent des objets, textuels/artistiques, relevant de ce que l’on pourrait appeler « pratiques et pensées de la présence ». Numéro 120 - Politique des lieux communs http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6660 À voir le nombre actuel de travaux qui lui sont consacrés, le lieu commun, qui fut pourtant longtemps un paria et un proscrit, semble aujourd’hui populaire. Mais sa récente réhabilitation dans le paysage de la critique contemporaine aurait de quoi faire réfléchir la critique elle-même. Qu’avait-elle perdu en le vouant aux gémonies, si ce n’est peut-être ce « commun », ce lieu pour la communauté ? Et nous, qu’espérons-nous faire avec le lieu commun, si ce n’est réconcilier l’activité lettrée avec sa dimension politique, et par là défendre la place des humanités dans l’espace public ? Telle est donc notre hypothèse : le lieu commun, banal et abandonné, laissé au public et aux discussions de café, aurait à voir avec la chose publique et notre propre désir de communauté. En remontant aux sources de la pratique « humaniste » des lieux communs à la Renaissance, jusqu’à leur traitement dans l’enseignement et dans la transmission de la culture, les différents articles réunis ici entendent réinterroger la dimension proprement politique de l’usage des lieux communs par les lettrés de jadis et les critiques de naguère, mettant à l’épreuve le pont que cette culture entend jeter entre les générations via l’institution des « humanités » comme ciment d’une communauté à travers les âges, dans une prétention pacifique et universelle mais au risque de l’exclusion des individus. Numéro 119 - Penser la prose dans le monde gréco-romain http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6446 La prose n’a pas été, en Grèce ancienne, une forme vide ou transparente. Etroitement associée à la parole politique et au discours scientifique (philosophie, histoire, enquête sur la nature) dont, vers la fin de l’époque archaïque, elle a accompagné l’émergence, elle en a gardé un ensemble de connotations et une vocation propres. Cette personnalité est si marquée qu’on peut, comme l’a fait L. Alma-Tadema dans le tableau reproduit sur la couverture de ce livre, dresser l’allégorie du langage en prose : masculin, studieux, adulte, aussi tendu vers le réel que la « Poésie », son double inversé (v. ci-contre), s’abandonne, sous les traits d’une femme, à de vagues rêveries. Plus qu’un portrait authentique, il s’agit d’une pose ou d’une posture ; la prose antique a su « rêver » elle aussi… Vers le début de notre ère en particulier, dans le paysage littéraire du monde gréco-romain, les formes de prose ont occupé une position dominante, et investi toutes les fonctions jadis réservées à la poésie : divertir, séduire, inventer des mondes imaginaires. Pourtant, les prosateurs n’ont cessé d’affirmer l’identité de la prose et d’exiger d’elle, alors même que la poésie devenait son modèle secret, qu’elle reste fidèle, d’une manière ou d’une autre, à son programme originel. Héritiers de cette histoire complexe, théoriciens, orateurs, romanciers, auteurs de satires, de dialogues ou de « prosimètres » ont médité sur la nature de la prose ; ils ont mis au jour ses contradictions, défini ses modèles, formulé ses normes et ses recettes. Leurs réflexions et leurs pratiques font l’objet des neuf études réunies dans ce volume. Numéro 118 - Jacques Jouet http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6245 Numéro 117 - Robert Marteau http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=6242