Numéro 43

Passion, émotions, pathos

Publié en ligne le 20 octobre 2005

Etudes réunies et présentées par

Anne COUDREUSE et Bruno DELIGNON

« Si fort que l'on pleure, on finit toujours par se moucher », écrivait Heine, posant ainsi, non sans sarcasme, la question des émotions et des passions. Qu'on leur cède ou qu'on les refuse, c'est bien l'articulation entre l'esthétique et l'éthique qui est en jeu dans leur représentation en littérature, puisque le pathos engage à la fois une conception du langage et un questionnement sur le statut du corps. Au-delà du jugement moral que l'on peut porter sur elles, la question des passions, et de la souffrance en particulier, est liée aux problèmes de la représentation et de l'expression. Faut-il montrer les passions, ou les démontrer dans les mots ? Que faut-il en montrer ? Ne risque-t-on pas de ne plus rien montrer à force de vouloir tout dire ou trop dire ? Dans L'Expulsion du paradis terrestre, la fresque de Masaccio qu'on peut voir dans l'église Santa Maria del Carmine à Florence, le désespoir des deux personnages est traité de manière très contrastée. Contrairement à la douleur d'Ève, celle d'Adam est plus contenue et plus intérieure : sous l'effet du désespoir, il oublie de dissimuler son sexe. Tête baissée, la bouche entrouverte, il cache son visage de ses mains jointes qui en masquent l'expression. Le spectacle de la douleur serait-il plus obscène encore que celui de la nudité ? Dès son apparition dans la langue et dans la littérature française en 1672, le mot « pathos », placé par Molière dans la bouche du pédant Vadius, est tourné en dérision, alors que Corneille dans l'Examen d'Horace souligne l'importance du pathétique. Entre séduction et répulsion, le désordre des passions menace l'ordre du discours qui tente de les prendre en charge. Il faut pourtant « en passer par la misère des mots », comme l'écrit Louis-René des Forêts dans Ostinato. La mise en œuvre des passions, dans ses modalités très diverses, suscite le retour insistant d'images et de questions. Si la tradition littéraire occidentale s'ouvre sur la colère d'Achille dans l'Iliade, une des images fondatrices de l'écriture de la passion est celle de la mort du Christ. Elle est remise en jeu dans les textes littéraires qui en soulignent la dimension spectaculaire et exemplaire. La passion a donc partie liée avec la théâtralité. Mais la mise en scène des passions peut aussi bien les exalter que les tenir ironiquement à distance, en donnant raison à Nell, ce personnage de Beckett pour qui « rien n'est plus drôle que le malheur ».

  • " Le voile de Timanthe ". Par Bruno DELIGNONet Anne COUDREUSE

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  • Chanson de geste et roman : stylisation de l’émotion et écriture singulière. Par Michèle GALLY

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  • Représentation ficinienne de la passion amoureuse. Par Pierre MARTIN

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  • La passion dans Les Regrets : " beau voyage " ou parcours infernal ?. Par Jean BRUNEL

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  • La promotion esthétique du pathétique dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Par Claire BADIOU-MONFERRAN

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  • La question d'amour, ou la passion façonnée : l'éthique de l’esthétique précieuse. Par Myriam MAÎTRE

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  • Passion et théâtralité dans Armide de Philippe Quinault. Par Patricia Gauthier

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  • Mme Riccoboni : de l’amour de la passion à la passion de l’écriture. Par Marianne CHARRIER

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  • Flaubert lecteur du XVIIIe siècle : pathos, ironie et apathie dans la Correspondance. Par Anne COUDREUSE

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  • Christs et madones chez Balzac - Sur quelques morts dans La Comédie Humaine. Par Gérard GENGEMBRE

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  • L'émoi de Stendhal ou comment être dans l'étonnement. Par Jacques DÜRRENMATT

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  • Parler au corps et non au cœur : Élën de Villiers de l'Isle-Adam. Par Geneviève JOLLY

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  • De quelques acharnés. Par Nathalie BARBERGER

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  • " Il y a longtemps que je t'aime " : La Pluie d'été de Marguerite Duras. Par Sylvie LOIGNON

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  • Le sel de la littérature. Par Camille LAURENS

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Illustration Passion, émotions, pathos

Nombre de pages : 218

Format : 15,5x22,5 cm

ISBN : 2-911044-17-7

ISSN : 0398-9992

Prix TTC : 18,50 euros

Date de parution :

01 octobre 1997

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